CES LAS VEGAS 20276 au 9 janvier 2027
Les pépites à ne pas rater, fiche startup

Vaonis

Du télescope connecté grand public à l'observatoire à 89 000 euros, Vaonis monte en gamme.

France, Montpellier (Hérault), FranceDigital ImagingÀ confirmer, stand À confirmerCES 2027 : Non confirmée à ce jour (présente au CES 2018, 2022, 2024 et 2026)

Fiche préparée avec des agents et relue par Matt.

Carte d’identité

Fondée en2016
FondateursCyril Dupuy, fondateur et PDG, né à Montpellier. Formé en optique et aérospatiale, il a quitté l'université pour développer Stellina, premier télescope de la marque, commercialisé en 2018.
StadePME rentrée en phase de commercialisation (gamme de cinq produits), financée par le crowdfunding et des aides publiques.
FinancementPas de tour de capital-risque public identifié. Tour d'amorçage d'environ 2,1 millions de dollars vers 2017 (Numa, Nouvel Atlas, selon CB Insights). Kickstarter Vespera : 2,56 millions de dollars auprès de 2 163 contributeurs (octobre 2020). Kickstarter Hestia : 4,1 millions de dollars (2023). Subvention France 2030 de 1 million d'euros (janvier 2023) pour le programme TICAA de 2,2 millions d'euros.
EffectifEnviron 25 salariés (2023, Le Journal des Entreprises). Chiffre plus récent non communiqué.
Site webhttps://www.vaonis.com ↗
LinkedInhttps://www.linkedin.com/company/vaonis ↗

Le problème

L'astrophotographie classique exige une monture équatoriale, une mise en station, une caméra et des heures de traitement d'image, ce qui écarte la plupart des curieux. Selon Cyril Dupuy, les publics des soirées d'observation voulaient surtout photographier ce qu'ils voyaient. Les musées et planétariums, eux, manquent d'outils pour diffuser le ciel en direct à un public nombreux.

La solution

Vaonis conçoit des télescopes-caméras automatisés pilotés depuis une application. La gamme Vespera (50 mm d'ouverture, moins de 5 kg) vise le grand public. Hestia, de la taille d'un livre, est un oculaire optique sans électronique qui utilise le capteur du smartphone. Hyperia (150 mm, environ 75 kg) est un observatoire automatique destiné aux institutions.

Comment ça marche

  1. Le télescope se pose sur son trépied, se connecte en Wi-Fi au smartphone et se calibre seul sur le ciel en quelques minutes, sans mise en station manuelle.
  2. L'utilisateur choisit un objet dans l'application, l'ordinateur embarqué pointe et suit la cible tandis qu'un capteur Sony (IMX585 de 8,5 Mpx sur Vespera III, IMX676 de 12,5 Mpx sur Vespera Pro 2) enregistre des poses successives.
  3. Les images sont empilées en temps réel, de sorte que la nébuleuse ou la galaxie se révèle progressivement à l'écran, et un mode multi-utilisateur partage la vue jusqu'à cinq téléphones.
  4. Sur Hestia, une lentille de 30 mm et des prismes renvoient la lumière vers le capteur du téléphone (contre environ 3 mm d'optique pour un smartphone), avec un zoom jusqu'à 25 fois et un empilement d'une image par seconde dans l'application Gravity.
  5. Sur Hyperia, une optique de 150 mm à f/4 et 17 lentilles conçue avec Canon alimente un capteur de 45 Mpx, avec des sessions automatisées sur plusieurs nuits et une diffusion en direct vers des salles.

Introducing Hestia, The Next Evolution of Portable Telescopes

Vidéo de présentation de Hestia, l'oculaire qui transforme un smartphone en télescope (Best of Innovation CES 2024).

L’offre de valeur

Un objet du ciel profond photographié en quelques minutes depuis un balcon, sans réglage ni logiciel de traitement, avec une autonomie annoncée jusqu'à 11 heures sur Vespera III. Pour Hestia, l'entreprise met en avant un objet à poser sur le téléphone que l'utilisateur possède déjà, sans électronique à recharger.

Le différenciant technologique

Vaonis revendique la création de la catégorie du télescope intelligent avec Stellina en 2018. Sur le marché grand public, la marque se place en haut de gamme (Vespera III à 2 490 dollars, Vespera Pro 2 à 2 990 dollars) avec un design primé et une fabrication mise en avant comme française. Hyperia s'appuie sur une optique conçue avec Canon (traitement antireflet Air Sphere Coating), un partenariat comparable à celui de son concurrent Unistellar avec Nikon.

Modèle économique

Vente de matériel en B2C, en direct sur vaonis.com et via des revendeurs (Amazon, Best Buy, B&H Photo, High Point Scientific), complétée par des accessoires (filtres solaires, bi-bande, anti-pollution lumineuse). Prix publics : Vespera III 2 490 dollars, Vespera Pro 2 2 990 dollars. Vente B2B aux institutions pour Hyperia, à partir de 89 000 euros (99 000 dollars), en précommande.

Le marché

Selon SkyQuest (rapport 2025), le marché mondial des télescopes pèse environ 1,23 milliard de dollars en 2024, avec une croissance annuelle estimée à 1,4 % jusqu'en 2033. Le segment des télescopes intelligents n'est pas chiffré de façon fiable. Le poids des États-Unis est notable : environ 70 % des précommandes de Hestia en venaient (2023).

Concurrents et alternatives

ZWO, avec sa gamme Seestar, a fait baisser les prix : la Seestar S50 Pro est affichée à 999 dollars (octobre 2026), soit moins de la moitié d'un Vespera III. Dwarflab vend le Dwarf 3 (35 mm, 1,35 kg) autour de 549 dollars. Le français Unistellar s'est associé à Nikon pour ses optiques, la même logique que Vaonis avec Canon. Celestron, acteur historique, est également cité parmi les concurrents par Space.com (mai 2026).

Cas d’usage

  • Un amateur urbain photographie la nébuleuse d'Orion depuis son balcon en quelques minutes avec un Vespera, filtre anti-pollution lumineuse en option.
  • Une famille partage l'observation du ciel sur cinq smartphones à la fois grâce au mode multi-utilisateur de Vespera.
  • Un propriétaire de smartphone photographie la Lune ou le Soleil (avec filtre) en posant son téléphone sur Hestia, sans monture motorisée.
  • Le Palais de la découverte (Universcience) a retenu Vaonis en octobre 2024 pour concevoir le télescope de son observatoire connecté en toiture, dont les images seront diffusées vers le planétarium et l'amphithéâtre.

Traction et preuves

Stellina : CES Innovation Award 2018, Red Dot 2019, sélection MoMA Design Store 2018. Vespera : Best of Innovation au CES 2021 et Kickstarter de 2,56 millions de dollars (2020). Hestia : environ 14 000 exemplaires précommandés sur Kickstarter, premier lot de 15 000 unités (2023), Best of Innovation au CES 2024 (Digital Imaging & Photography). Hyperia : Honoree CES 2026 (Imaging). Partenariat Universcience pour le Palais de la découverte (octobre 2024). Lancement de Vespera III et Vespera Pro 2 en avril 2026, puis révélation d'un nouveau produit, Atlas, le 15 octobre 2026. Chiffre d'affaires 2020 attendu à 1,5 million d'euros (ESA), aucun chiffre plus récent publié. Exposant au CES 2018, 2022, 2024 et 2026.

Ce qui reste à prouver

Vaonis ne publie ni chiffre d'affaires récent ni volume de ventes cumulé, ce qui empêche de mesurer sa résistance face à des modèles chinois deux à quatre fois moins chers. Hyperia, annoncé en 2021 à 45 000 euros avec 12 à 18 mois de délai, est désormais affiché autour de 89 000 euros avec des livraisons en 2027, et l'observatoire du Palais de la découverte a été reporté. Aucune levée en capital importante n'est publique : l'autofinancement par Kickstarter et subventions doit tenir la cadence de quatre lignes de produits.

Pourquoi ne pas la rater au CES

Si Vaonis revient, regarder Atlas, révélé le 15 octobre 2026, et demander son prix et sa date de livraison face à la Seestar S50 Pro. Demander aussi le nombre de précommandes et le calendrier de livraison d'Hyperia, ainsi que les volumes vendus de Hestia.

Pourquoi c’est important

Vaonis montre qu'en optique grand public la valeur s'est déplacée du verre vers l'automatisation : pointage, suivi et empilement d'images logiciels rendent le ciel profond accessible sans savoir-faire. Mais quand ce logiciel se banalise, les fabricants chinois l'embarquent dans des produits bien moins chers, et la marque répond par le haut de gamme et l'alliance avec Canon. Reste à démontrer que cette montée en gamme vers les institutions trouve des clients à 89 000 euros et se livre dans les délais.

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